GAPPA répond à la réplique de La Presse et attend le jugement du Conseil de Presse

AmiEs #GAPPA!
Suite à notre plainte au Conseil de Presse du 28 janvier dernier concernant l’association d’une photo à un article de lapresse.ca sur l’ASSÉ, voici la justification qui nous avait été offerte.

conseildepresseréplique

GAPPA, n’ayant pas été satisfait par cette réponse de lapresse.ca, a produit une réplique afin de maintenir sa plainte initiale. Cela fera en sorte que le Conseil de Presse du Québec devra produire un jugement à savoir si notre plainte est retenue ou non. Voici le texte de cette réplique:

Monsieur le secrétaire général,

La présente a pour but, conformément à la procédure, de répondre à la réplique de La Presse (Me Patrick Bourbeau) du 12 mars dernier concernant notre plainte au sujet de la photographie qui accompagnait un texte intitulé «L’ASSÉ menace de boycotter le Sommet sur l’enseignement» publié sur le site Web lapresse.ca le 27 janvier 2013.

GAPPA souhaite maintenir sa plainte à l’effet que lapresse.ca a enfreint les règles de déontologie et d’éthique journalistique par la publication de cette photo du manifestant masqué qui accompagnait le texte. GAPPA dit bien ici «accompagnait», car lapresse.ca a depuis jugé bon de changer la photo de l’article[1]. GAPPA salue d’ailleurs cette initiative qui, lui semble-t-il, témoigne de la reconnaissance de lapresse.ca du caractère litigieux de cette photo, ou du moins d’une attention à l’égard de son lectorat.

Comme le souligne avec justesse Me Patrick Bourbeau dans sa réplique, «L’Article faisait état du fait que l’Association pour une solidarité syndicale étudiante («ASSÉ») envisageait de boycotter le Sommet sur l’enseignement supérieur en raison du refus par le ministre Pierre Duchesne de démontrer une ouverture à la gratuité scolaire». La question que se posait GAPPA au moment de la formulation de plainte était la suivante : pourquoi alors accoler à cet article sur les tergiversations de l’ASSÉ par rapport au Sommet l’image d’un manifestant masqué? L’article ne parle jamais de manifestants, et rappelons qu’il n’était même pas encore question à l’époque de l’organisation d’une quelconque manifestation de la part de l’ASSÉ.

Lapresse.ca s’explique ainsi : «La Photographie se voulait une illustration de ce qui est devenu l’un des symboles les plus souvent associés à l’ASSÉ (alors la «CLASSE») dans l’esprit du public, au cours de ce qu’il est désormais convenu d’appeler le «Printemps érable», soit le manifestant masqué.» Tout d’abord, GAPPA se questionne sur cette faculté de lapresse.ca à pouvoir lire aussi clairement dans «l’esprit du public». À supposer qu’une chose telle que «l’esprit du public» existe, nous devons convenir que les médias, dont lapresse.ca, contribuent très activement à sa construction, par exemple, en associant constamment la photo d’un manifestant masqué à l’ASSÉ.

Lapresse.ca poursuit en reconnaissant «d’emblée que l’image du manifestant masqué ne représente en rien l’ensemble des membres de l’ASSÉ». Pourquoi alors avoir choisi une telle image?  «Il est incontestable qu’elle n’en constitue néanmoins l’une des images marquantes associée à celle-ci et a fortiori, qu’elle véhicule le fait que l’ASSÉ est la frange la plus radicale du mouvement de contestation étudiant», explique Me Bourbeau. Lapresse.ca reprend ici l’argument que nous avons questionné au paragraphe précédent, cette fois en y ajoutant l’idée d’une juste représentation de la «radicalité» de l’ASSÉ. En vertu de quoi serait-il «incontestable» que le manifestant masqué soit associé à l’ASSÉ? En vertu de l’autorité médiatique de faire et de défaire les représentations populaires? Le même raisonnement s’applique à l’idée que l’ASSÉ est «la frange la plus radicale du mouvement de contestation étudiant». En vertu de quoi serait-elle la plus «radicale»? De ses revendications? De son approche dite «de syndicalisme de combat»? Ou en vertu de l’image que lui donnent les médias?

GAPPA souscrit totalement à l’idée «que l’existence d’une presse libre et le droit à l’information seraient gravement compromis si les médias ne pouvaient diffuser les photographies qu’ils jugent d’intérêt public», comme le pointe lapresse.ca. Cependant, GAPPA souscrit également à l’idée que les médias devraient respecter leur code de déontologie afin de s’assurer de bien remplir leur mission d’informer adéquatement la population.

Ainsi, comme le stipule l’article 2.1.5 «L’intégrité dans la présentation et dans l’illustration de l’information» des Droits et responsabilités de la presse[2] :

«Les médias et les journalistes doivent respecter l’intégrité et l’authenticité de l’information dans la présentation et l’illustration qu’ils en font sur supports visuels et sonores (sons, voix, images, photos, tableaux, graphiques). Ils doivent faire preuve de circonspection afin de ne pas juxtaposer illustrations et événements qui n’ont pas de lien direct entre eux et qui risquent ainsi de créer de la confusion sur le véritable sens de l’information transmise. Tout manquement à cet égard est par ailleurs susceptible de causer un préjudice aux personnes ou aux groupes impliqués, lesquels ont droit à ce que leur image ne soit ni altérée ni utilisée de façon dégradante ou infamante.»

Le lien qui unit l’image du manifestant masqué et le cœur de l’article, soit les tergiversations de l’ASSÉ par rapport au Sommet sur l’enseignement supérieur, est très, très ténu et induit, à notre avis, une «confusion sur le véritable sens de l’information transmise». Aussi, la photo capte un moment d’une manifestation s’étant tenue des mois avant la publication de l’article et le lecteur n’a pas accès au contexte de cette photo. GAPPA ajouterait également que cette image censée représenter l’ASSÉ discrédite cette association étudiante : en effet, l’image du manifestant masqué, souvent associé par les médias à la violence et à la figure du «casseur», peut causer préjudice à l’ASSÉ en l’associant à cette violence.

Pour toutes les raisons évoquées précédemment, et surtout en fonction des critères suivants:

–          Co2B Moment de publication/diffusion

–          C12D Manque de contexte

–          C17D Discréditer/ridiculiser

GAPPA vous demande respectueusement de retenir sa plainte.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire général, l’expression de nos salutations distinguées.


[2] Conseil de Presse du Québec, Droits et responsabilités de la presse, troisième édition, novembre 2003,  p. 21-22, en ligne à l’adresse : http://conseildepresse.qc.ca/wp-content/uploads/2011/06/droits-responsabilites-de-la-presse_fr.pdf

GAPPA

Surveiller, diffuser, combattre.

***

*

GAPPA regrette l’intrusion mercantile de ces publicités qui apparaissent parfois en fin d’article, et remédiera très bientôt à la situation. Merci de votre répulsion.

*

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3 réflexions sur “GAPPA répond à la réplique de La Presse et attend le jugement du Conseil de Presse

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