L’UQAM censure une parodie critiquant ses dérives sécuritaires

*Mise à jour: l’UQAM s’est rangée à nos arguments, abandonnant sa démarche et la vidéo est à nouveau disponible ici:

 

Sous prétexte d’atteinte à ses droits d’auteur, l’Université du Québec à Montréal vient de faire retirer par Youtube une vidéo parodique que GAPPA a produite l’automne dernier. D’abord mis en ligne puis projeté – ironiquement – à l’agora Hydro-Québec de l’UQAM dans le cadre de la sixième édition des Courts Critiques lors du 44e Festival du Nouveau Cinéma, le court-métrage pousse à l’absurde la logique sécuritaire adoptée par le rectorat de l’université depuis les dernières grèves.  Ce n’est pas la première fois qu’on censure GAPPA pour de supposées raisons de droits d’auteur.  Néanmoins, GAPPA trouve plutôt déplorable qu’une université, publique de surcroît, s’adonne désormais à des tactiques aussi déloyales.

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Des drones sillonnent le campus, alimentant la base de données «dynamique» du tout nouveau système de surveillance de l’UQAM de visages crispés.  Ici et là, on peut entrevoir barbelés et blindés, un humvee même, pendant que des gardas s’entraînent à tirer sur des cibles arborant le carré rouge.  Manifestement, la grève est désormais «interdite», ce que nous rappelle l’austère recteur sur l’écran géant de plusieurs 12787295_1019138721533532_83425898_oétages de la facade de la Grande Bibliothèque.  «Une rentrée sécuritaire» est un court-métrage s’inspirant des dystopies classiques et souligne à grands traits l’inquiétant climat de répression sur le campus de l’université, dénoncé de parts et d’autres depuis plusieurs années déjà.  Techniquement, sa production repose sur un méticuleux collage de différentes vidéos promotionnelles de l’UQAM, retravaillées par différents procédés de montage photo et vidéo, ainsi que plusieurs de nos propres images, de manière à donner corps à la vision sécuritaire du rectorat poussée jusqu’à son paroxysme.

12787264_1019139594866778_1620360346_oPlus qu’un simple plagiat, il s’agit d’une oeuvre de fiction qui a une identité propre, présentée sous forme de canular: en effet, pour ajouter à l’effet de leurre, GAPPA a mis en ligne la vidéo sous le compte «UQAM | Règlements et sécurité», créé spécifiquement pour l’occasion. L’oeuvre est discrètement signée «GAPPA» à la toute fin. Il est intéressant d’ailleurs de remarquer que l’UQAM n’a pas signalé le compte parodique en tant que tel, ni la seule autre vidéo qui y avait été téléversée – cette dernière étant bel et bien une simple copie d’une véritable vidéo de l’UQAM! Non: l’UQAM a voulu spécifiquement faire retirer «Une rentrée sécuritaire», ce qui renforce l’idée qu’elle souhaite censurer les contenus qui la dérangent.

Ainsi, GAPPA ne viole en aucun cas les droits d’auteur de l’UQAM 12776826_1019138434866894_648398903_opuisque «Une rentrée sécuritaire» constitue une parodie satirique à visée politique: dénoncer la répression et la surveillance à l’UQAM. Il faut savoir que la parodie est considérée comme une exception au droit d’auteur canadien et qu’elle tombe sous le coup de l’utilisation équitable selon l’article 29 de la loiC’est pourquoi GAPPA a rempli le formulaire de contre-réclamation rendu disponible par Youtube. Cette requête a pour effet de laisser 10 jours à l’UQAM pour réagir: ou bien l’université reconnaît l’usage équitable et Youtube remet la vidéo en ligne, ou bien l’UQAM fait parvenir à GAPPA une mise en demeure et se lance éventuellement dans des procédures légales.

12773324_1019137488200322_926710901_oIl va sans dire que GAPPA trouverait déplorable que l’UQAM choisisse la seconde option. Deux interprétations seraient alors possibles: soit l’université ne comprend absolument rien à l’utilisation équitable en droit d’auteur canadien, ce qui serait étonnant étant donné qu’elle se considère comme un lieu de haut savoir, soit l’université s’entête à adopter la stratégie de la censure politique. Malheureusement, cette dernière option ne surprendrait guère, l’UQAM ayant démontré le printemps dernier qu’elle préférait désormais la logique de la force et de la répression (surveillance, expulsions, injonctions, recours à la police, etc.) à celles de la raison et du débat public.

GAPPA termine en vous rappelant qu’il adhère aux principes du Creative Commons, qui autorise la réutilisation libre de ses créations si la source est mentionnée.

Prenez les images GAPPA, diffusez-les, remixez-les: elles appartiennent à tout le monde.

À suivre.

SURVEILLER – DIFFUSER – COMBATTRE.

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*

GAPPA regrette l’intrusion mercantile de ces publicités qui apparaissent parfois en fin d’article, et remédiera très bientôt à la situation. Merci de votre répulsion.

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